Qualiopi V10 : ce que le décret du 1er août 2026 change pour vos formations digitales

Merwan Maroc
17 août 2026
10 min
Responsable formation consultant les indicateurs de suivi Qualiopi sur mobile
SPARTEDc'est
icon+150 000 formés
icon3min/jour sur smartphone
iconGamifié & social
icon91% de complétion

Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 a été publié au Journal officiel du 4 août 2026. Il actualise le Référentiel National Qualité qui fonde la certification Qualiopi et entre en vigueur le 1er novembre 2026. Entre la publication et l'application, il reste donc moins de trois mois.

La plupart des analyses parues depuis se concentrent sur le chiffre : le référentiel passe de 32 à 33 indicateurs. C'est vrai, mais c'est la lecture la moins intéressante. Les sept critères restent inchangés, et le texte ne remet pas à plat l'architecture existante. Ce qui bouge, ce sont les exigences de preuve, en particulier sur les dispositifs à distance et sur la façon dont vous récoltez et exploitez l'avis des apprenants.

Pour les organismes de formation, les CFA et les entreprises qui disposent d'un centre de formation interne certifié, deux indicateurs méritent une attention particulière. L'indicateur 19 durcit le contrôle de l'effectivité des modules réalisés à distance. Le nouvel indicateur 33 impose un dispositif d'évaluation des contenus par les apprenants, distinct du recueil de satisfaction. Ces deux points touchent directement la manière dont vous concevez, diffusez et pilotez vos formations digitales.

Voyons ce que le décret change concrètement, pourquoi ces deux indicateurs sont structurants, et comment organiser une mise en conformité réaliste d'ici novembre.

Ce que le décret 2026-728 modifie réellement

Trente-trois indicateurs, sept critères, trois orientations de fond

Depuis janvier 2024, le Référentiel National Qualité publié par le ministère du Travail reposait sur 32 indicateurs répartis en 7 critères. Le décret du 1er août porte ce nombre à 33. Le critère 5, qui porte sur la qualification et le développement des compétences des personnels, ne subit aucune modification, ce qui constitue un point de stabilité appréciable.

Au-delà du décompte, trois orientations traversent le texte. La première est une exigence accrue de transparence : vos documents publics, vos indicateurs de résultats et leurs modalités de calcul doivent être clairs et vérifiables. La deuxième porte sur la protection des bénéficiaires, avec une responsabilisation renforcée face aux violences, au harcèlement et aux discriminations. La troisième, la plus structurante pour les dispositifs digitaux, concerne l'amélioration continue : il ne suffit plus de recueillir des avis, il faut démontrer que ces avis produisent des actions.

Ces orientations traduisent une intention assez lisible de France Compétences : professionnaliser davantage le secteur et resserrer les mailles du filet après les dérives constatées sur le CPF ces dernières années.

Un basculement au 1er novembre qui ne laisse personne de côté

C'est le point le plus souvent mal compris. Certains organismes déjà certifiés estiment être couverts jusqu'à leur prochain audit de surveillance ou de renouvellement. Ce n'est pas le cas.

Dès le 1er novembre 2026, tous les audits sont évalués sur la version 10 du référentiel, qu'il s'agisse d'un audit initial, d'un audit de surveillance à 18 mois ou d'un audit de renouvellement à 3 ans. Un audit programmé avant cette date reste jugé sur les 32 indicateurs actuels. Autrement dit, un organisme parfaitement conforme sous la version 9 peut se retrouver en écart s'il n'anticipe pas.

Une nuance mérite d'être signalée : la version 10 du Guide de lecture, qui détaille les attendus concrets de chaque indicateur et les éléments de preuve attendus, n'était pas encore publiée à la fin de l'été. Certains points d'interprétation restent donc à préciser. Cela ne dispense pas de commencer, mais invite à construire des dispositifs suffisamment souples pour absorber d'éventuels ajustements.

Les quatre autres chantiers à traiter en parallèle

Avant d'entrer dans le détail des deux indicateurs qui nous intéressent, quatre points complètent la liste des priorités :

  • Indicateur 1 : votre communication publique doit mentionner explicitement les modalités pédagogiques et les modes de financement disponibles, sur le site comme sur les supports commerciaux.
  • Indicateur 2 : vous devez communiquer les modalités de calcul de vos indicateurs de résultats. Afficher 95 % de satisfaction ne suffit plus, l'auditeur voudra la base de calcul, le taux de retour et la période.
  • Indicateur 12 : une procédure écrite de prévention et de traitement des violences sexistes et sexuelles, du harcèlement et des discriminations devient obligatoire, avec des modalités de signalement connues des équipes.
  • Indicateur 27 : la sous-traitance doit être formalisée par un contrat écrit précisant la ventilation des responsabilités. Un échange de mails ne constitue pas une preuve suffisante.

Ces chantiers sont essentiellement documentaires. Les deux qui suivent engagent, eux, votre dispositif pédagogique lui-même.

Indicateur 19 : prouver que vos apprenants ont réellement suivi

Donner un accès à une plateforme ne vaut plus preuve de suivi

L'indicateur 19 introduit une obligation de contrôle de l'effectivité des modules réalisés à distance. Si votre parcours intègre du e-learning, des séquences synchrones ou asynchrones, vous devez pouvoir démontrer que les apprenants ont effectivement suivi ces contenus.

C'est un changement de nature plus que de degré. Jusqu'ici, beaucoup d'organismes justifiaient la partie distancielle par une attestation d'inscription et un accès plateforme. Cette logique déclarative ne tient plus. L'auditeur attend des éléments objectivables : temps de connexion, quiz de validation, relevés de progression, attestations de suivi générées automatiquement.

Le sujet est d'autant plus sensible que le distanciel s'est généralisé. Quand la classe virtuelle et le e-learning scénarisé représentent l'essentiel du volume de formation, l'effectivité du distanciel n'est plus un point périphérique de l'audit, c'est un point central.

Quelles traces produire, et à quelle granularité

Toutes les données ne se valent pas. Un temps de connexion cumulé prouve une présence, pas un apprentissage. Un score final prouve un résultat, pas un parcours. Ce que le référentiel cherche à établir, c'est la continuité entre l'inscription, l'activité réelle et l'acquisition.

Concrètement, trois familles de traces sont utiles. Les traces d'activité d'abord : dates et durées de connexion, modules ouverts, progression dans le parcours. Les traces de validation ensuite : réponses aux quiz, taux de réussite, nombre de tentatives. Les traces de restitution enfin : attestations, relevés exportables, historiques consultables par l'équipe pédagogique.

Le point de vigilance est technique. Si votre plateforme ne génère pas ces données automatiquement et sous une forme exportable, vous vous exposez à reconstituer les preuves à la main la veille de l'audit. C'est précisément ce que le nouveau référentiel cherche à éliminer. La question à se poser dès maintenant est simple : sur les douze derniers mois, seriez-vous capable de produire en quelques minutes le relevé complet d'un apprenant pris au hasard ?

Le cas particulier des formats courts et du mobile

Les dispositifs de microlearning posent une question intéressante au regard de l'indicateur 19. Une session de trois minutes ne ressemble pas à un module e-learning d'une heure, et le réflexe serait de croire que ces formats se prêtent mal à la preuve d'assiduité.

C'est l'inverse. Les formats courts et réguliers produisent une trace bien plus dense que les modules longs et espacés. Là où un module d'une heure génère un point de données par apprenant, une pratique quotidienne génère des dizaines de points sur la même période : régularité de connexion, séries de sessions, questions réussies et échouées, progression par thème. Le suivi devient granulaire et continu au lieu d'être ponctuel et déclaratif.

C'est un argument que les responsables formation gagnent à intégrer dans leur réflexion sur les bénéfices du microlearning en entreprise : le format court n'est pas seulement plus engageant, il est aussi plus facile à documenter.

Indicateur 33 : évaluer les contenus, pas seulement la satisfaction

Ce que votre questionnaire de fin de formation ne mesure pas

Le nouvel indicateur 33 est la nouveauté symbolique du décret. Il impose la mise en place d'un dispositif d'évaluation des contenus et de l'enseignement par les apprenants, distinct du recueil général de satisfaction.

La distinction est essentielle et souvent mal saisie. Un questionnaire de satisfaction mesure une expérience globale : le formateur était-il clair, la logistique correcte, recommanderiez-vous la formation. Une évaluation des contenus mesure autre chose : tel module était-il pertinent au regard de votre poste, telle notion était-elle suffisamment expliquée, quels contenus vous ont réellement servi ensuite.

Le premier produit un chiffre agrégé, généralement flatteur. Le second produit une information exploitable pour retravailler un contenu précis. En pratique, un dispositif affichant 4,6 sur 5 de satisfaction peut parfaitement contenir deux modules que personne ne comprend, sans que le questionnaire ne le révèle jamais.

Construire un dispositif distinct, sans alourdir le parcours

L'exigence est claire sur le principe, plus ouverte sur la forme. Rien n'impose un questionnaire supplémentaire de trente questions à la fin du parcours, ce qui serait d'ailleurs le meilleur moyen d'obtenir un taux de retour dérisoire.

Plusieurs approches fonctionnent. L'évaluation en fil de parcours consiste à solliciter l'avis sur un contenu juste après sa consommation, quand la mémoire est fraîche et l'effort minimal. L'évaluation ciblée porte sur un échantillon de contenus plutôt que sur la totalité, avec une rotation dans le temps. L'évaluation implicite, enfin, croise les retours déclaratifs avec les données d'usage : un module systématiquement abandonné à mi-parcours ou un item de quiz échoué par 70 % des apprenants dit quelque chose sur le contenu, indépendamment de ce que les apprenants en déclarent.

Cette dernière approche est la plus riche, à condition que votre plateforme remonte le niveau de détail nécessaire. Un taux de réussite global ne suffit pas, il faut pouvoir descendre à la question et au module.

Boucler la boucle et le prouver

L'indicateur ne s'arrête pas à la collecte. Les résultats doivent être partagés avec les équipes pédagogiques, intégrés dans une démarche d'amélioration continue, et l'efficacité de cette démarche doit être mesurée périodiquement.

C'est la partie la plus exigeante, et celle que beaucoup d'organismes sous-estiment. Il ne s'agit plus de montrer un tableau de résultats, mais de tracer un chemin : voici ce que les apprenants ont signalé, voici ce que nous avons modifié, voici ce que les données montrent depuis la modification.

Concrètement, cela suppose de garder l'historique des versions de contenu, de dater les modifications et de comparer les indicateurs avant et après. Un module retravaillé dont le taux de réussite passe de 52 % à 78 % constitue une preuve d'efficacité autrement plus convaincante qu'un compte rendu de réunion pédagogique. Cette logique de mesure rejoint directement les pratiques décrites dans notre approche du ROI du mobile learning, où l'enjeu est le même : relier une action pédagogique à un effet observable.

Organiser sa mise en conformité d'ici le 1er novembre

Un rétroplanning en trois temps

Trois mois, c'est court mais suffisant à condition de ne pas s'éparpiller.

Les deux premières semaines servent au diagnostic. Reprenez les six points identifiés dans cet article et posez pour chacun une question unique : disposez-vous aujourd'hui d'un élément de preuve présentable à un auditeur ? Chaque réponse négative devient une priorité.

Les semaines 3 à 6 sont consacrées à la mise à jour documentaire et à la configuration technique. C'est là que se traitent la communication publique, les contrats de sous-traitance, la procédure de prévention des violences, et surtout le paramétrage de votre dispositif d'évaluation des contenus et de vos exports de suivi.

Les semaines 7 à 10 servent au test. Un document qui existe mais n'est pas appliqué ne constitue pas une preuve solide. Faites tourner le dispositif sur un parcours réel, exportez les données, vérifiez que la boucle d'amélioration continue produit bien une trace exploitable. La cohérence entre les écrits et le terrain est ce que l'auditeur regarde en premier.

Les deux erreurs à éviter

La première consiste à traiter l'indicateur 33 comme une case à cocher en ajoutant trois questions à la fin du questionnaire de satisfaction existant. Le texte demande explicitement un dispositif distinct, et un auditeur repérera immédiatement l'ajout cosmétique.

La seconde consiste à attendre la publication du Guide de lecture v10 pour commencer. Les attendus précis manqueront peut-être encore quelques semaines, mais les orientations sont connues et les chantiers structurants, notamment la production automatique de traces de suivi, prennent du temps à mettre en place. Mieux vaut construire un dispositif robuste et l'ajuster ensuite à la marge.

Ce que change une plateforme pensée pour la preuve autant que pour l'engagement

Les deux indicateurs qui structurent cette réforme, le 19 et le 33, ont un point commun : ils ne se règlent pas avec un document, ils se règlent avec de la donnée produite en continu par le dispositif lui-même.

C'est la logique sur laquelle repose SPARTED. L'application mobile propose aux collaborateurs des sessions courtes, jouées quelques minutes par jour, sur des contenus segmentés par thème et par audience. Chaque session laisse une trace exploitable : régularité, progression, questions réussies ou échouées, temps passé. Ces données remontent dans le Back Office, où les équipes formation suivent l'assiduité par population et descendent au niveau de la question pour identifier les contenus qui posent problème.

Cette granularité couvre les deux exigences en même temps. Côté indicateur 19, elle fournit les relevés de progression et de validation attendus, sans reconstitution manuelle. Côté indicateur 33, elle alimente une évaluation des contenus qui ne repose pas uniquement sur le déclaratif : un module dont le taux de réussite décroche ou dont la complétion s'effondre est signalé par l'usage avant même d'être signalé par un questionnaire. Les équipes pédagogiques disposent alors d'une base concrète pour arbitrer ce qui doit être réécrit, et peuvent mesurer l'effet de la modification sur les sessions suivantes.

Reste que l'outil ne fait pas la démarche. Un dispositif Qualiopi conforme suppose que quelqu'un regarde les données, décide, modifie et documente. La plateforme réduit le coût de production de la preuve, elle ne remplace pas la boucle qualité elle-même. Les organismes qui s'en sortiront le mieux en novembre sont ceux qui auront traité cette réforme comme une occasion de regarder sérieusement ce que leurs contenus produisent, plutôt que comme un exercice de conformité de plus.

SPARTED

Besoin d'une solution de mobile learning ?

Une solution simple, rapide et engageante — déployable en moins de 2 semaines.

Découvrir notre solution

Produire la preuve sans y passer vos soirées

Les indicateurs 19 et 33 ne se règlent pas avec un document, mais avec de la donnée produite en continu. SPARTED génère automatiquement les traces d'assiduité, de progression et de réussite par question, module et population. Vos équipes pédagogiques savent quoi retravailler, et peuvent le prouver.

Demander une démo

Guide Comment mesurer le ROI de votre formation terrain ?

Calculs concrets, méthodes éprouvées et exemples terrain pour justifier votre investissement formation auprès de la direction.

Lire le guide →
★★★★½

4,2 / 5

sur Google, G2 et Capterra

Besoin d’une solution de mobile learning ?

La solution simple, sociale et gamifiée, déployable en moins de 2 semaines.

Découvrir notre solution
Besoin d’une solution de mobile learning ?
Déployez l’application de mobile-learning SPARTED et atteignez vos collaborateurs chaque jour, à travers du contenu propre à vos besoins stratégiques du moment.
Découvrir notre solution