Coactivité et interactions de travail : un risque sous-estimé sur le terrain

Merwan Maroc
30 janvier 2026
10 minutes
Un chantier et des ouvriers

Dans de nombreux environnements professionnels, plusieurs équipes ou intervenants partagent un même espace de travail, parfois sans même vraiment se croiser. C’est ce qu’on appelle la coactivité. Elle est particulièrement fréquente dans les secteurs logistique, industriel, BTP ou grande distribution, mais concerne aussi les environnements tertiaires accueillant des prestataires ou services externes.

Le problème ? Cette situation banale multiplie les risques d’accident, souvent de manière invisible. Un chariot qui circule pendant une intervention technique, deux équipes qui interviennent simultanément sans coordination, un prestataire qui ignore une consigne de sécurité… Ce ne sont pas des cas isolés, mais des risques structurels liés à une mauvaise gestion des interactions.

Et pourtant, la coactivité reste un sujet sous-traité dans les dispositifs de prévention. Elle est rarement abordée en amont, peu intégrée dans les réflexes de terrain, et souvent traitée uniquement après un incident. Alors qu’il est possible, et nécessaire, d’agir avant, en instaurant une culture de coordination, de communication claire, et en formant les équipes aux bons réflexes dès le quotidien.

La coactivité : une réalité quotidienne, souvent banalisée

Définir la coactivité et ses enjeux sur le terrain

La coactivité désigne la présence simultanée de plusieurs acteurs dans une même zone de travail, qu’ils appartiennent ou non à la même entreprise. Cela peut impliquer des collaborateurs internes, des sous-traitants, des intérimaires, des prestataires techniques ou des services de maintenance. Dans de nombreux secteurs, logistique, industrie, grande distribution, restauration collective, etc. c’est tout simplement le fonctionnement normal du quotidien.

Mais ce fonctionnement suppose une coordination fine entre les différentes interventions. Or, dans la réalité, cette coordination est souvent informelle, implicite, ou improvisée. Résultat : les responsabilités se diluent, les consignes se perdent, et les risques s’accumulent sans être vraiment identifiés.

Pourquoi elle génère des risques spécifiques

Contrairement à un environnement de travail stabilisé, la coactivité introduit une variabilité permanente : des zones de circulation modifiées, des interventions techniques en cours, des équipements inhabituels sur site… Ces éléments créent des situations où chacun agit dans un cadre qu’il pense maîtriser, sans forcément avoir connaissance de ce que font les autres.

Les risques sont multiples : collisions, chutes, interférences entre équipements, confusion sur les procédures de sécurité, mauvaise réaction en cas d’urgence. Et comme ces interactions sont temporaires, elles sont souvent perçues comme anecdotiques… jusqu’à ce qu’un incident survienne.

Une vigilance insuffisante face à un risque diffus

Parce qu’elle ne concerne pas une tâche précise, la coactivité est un risque transversal, donc difficile à cartographier et à anticiper. On la sous-estime parce qu’elle ne semble pas “techniquement” dangereuse. Pourtant, nombre d’accidents du travail sont liés à une mauvaise gestion des interactions entre équipes ou à une information non transmise.

Autre difficulté : la vigilance tend à se relâcher dans les contextes où tout semble “habituel”. Quand les mêmes prestataires interviennent régulièrement, ou quand les flux sont routiniers, les bons réflexes s’érodent. Il devient essentiel d’instaurer des rappels réguliers, des consignes claires et partagées, et de responsabiliser chaque acteur, même temporaire, face à son environnement.

Anticiper les risques d’interaction : une question de coordination

Identifier les situations à risque avant qu’elles ne se présentent

La coactivité devient problématique lorsqu’elle n’est ni prévue, ni analysée. Trop souvent, les interactions entre équipes sont gérées de façon réactive : on adapte sur le moment, on réagit à une gêne, on signale après coup. Ce mode de fonctionnement crée des angles morts dans la prévention.

Il est pourtant possible, et nécessaire, d’intégrer la coactivité dès la planification des opérations. Cela passe par l’analyse des flux de personnes et de matériels, l’identification des zones de croisement, la prise en compte des horaires décalés ou des interventions techniques prévues.

En cartographiant ces éléments à l’avance, on transforme un facteur de risque en un élément maîtrisé.

Clarifier les rôles, les consignes et les zones de responsabilité

Quand plusieurs intervenants partagent un espace, il ne suffit pas de “faire attention” : il faut savoir exactement qui fait quoi, où, et selon quelles règles. La communication devient un levier de sécurité à part entière.

Cela implique de définir des procédures claires : zones d’intervention balisées, consignes spécifiques pour les prestataires, points de contact identifiés en cas de besoin. Plus les règles sont explicites, plus elles sont respectées. Et cela ne concerne pas uniquement les grands chantiers : même un simple réassort en magasin ou une intervention technique dans un open space peut générer des risques si l’information ne circule pas.

Responsabiliser chaque intervenant, à tous les niveaux

La coordination ne repose pas uniquement sur un plan ou un document. Elle s’anime au quotidien, par les comportements, les réflexes, et l’implication de chacun. Cela suppose de créer une culture partagée de la vigilance : entre collègues, entre équipes différentes, mais aussi avec les prestataires externes.

Chaque acteur, quel que soit son rôle ou sa durée de présence, doit comprendre qu’il est responsable de sa sécurité… et de celle des autres. Cela passe par la sensibilisation, des consignes comprises et intégrées, mais aussi par une posture collective où les risques d’interaction sont pris au sérieux, même quand “rien ne s’est jamais passé”.

Former pour prévenir : le rôle du microlearning dans la gestion de la coactivité

Diffuser les bons réflexes avant, pendant et après l’intervention

La coactivité ne laisse pas toujours le temps d’organiser une session de formation ou une réunion de sensibilisation. Pourtant, c’est précisément dans ces moments courts, entre deux tâches ou juste avant une intervention, que l’attention est la plus précieuse. D’où l’intérêt de proposer des rappels réguliers, courts, ciblés, et accessibles.

Le microlearning permet de diffuser les bons réflexes au bon moment, sans mobilisation lourde. Un rappel sur les zones à risque, une vérification des consignes de circulation, un quiz sur les responsabilités partagées : en quelques minutes, on réactive l’attention et on renforce la prévention là où elle est la plus utile.

Adapter les contenus aux contextes réels de travail

Chaque situation de coactivité est différente. Les enjeux ne sont pas les mêmes dans un entrepôt, un chantier, un magasin ou un site industriel. C’est pourquoi la formation ne peut pas être générique. Elle doit être contextualisée, adaptée aux rythmes, aux métiers et aux environnements.

Avec une solution comme SPARTED, les contenus peuvent être segmentés et ciblés selon les populations concernées. Par exemple : une capsule sur la gestion des flux piétons pour les équipes logistiques, un rappel des règles d’accueil pour les managers terrain, ou encore un micro-module de consignes pour les prestataires externes. L’objectif : que chacun reçoive la bonne information, dans un format qu’il peut réellement intégrer.

SPARTED comme outil de prévention agile

Chez SPARTED, nous croyons que la prévention est d’autant plus efficace qu’elle est quotidienne, simple et engageante. La coactivité ne peut pas être gérée uniquement par des documents ou des procédures figées. Elle nécessite une attention constante, alimentée par des rappels réguliers, faciles à suivre.

Grâce à des campagnes de microlearning diffusées directement sur mobile, SPARTED permet de créer des automatismes, de relancer l’attention sur des règles clés, et d’impliquer chaque intervenant dans une logique de responsabilité partagée. Les statistiques d’usage permettent aussi de suivre la compréhension des messages, et de s’assurer qu’ils sont bien intégrés sur le terrain.

En rendant la prévention plus vivante, plus accessible et plus adaptée, SPARTED devient un levier concret pour sécuriser les situations de coactivité au quotidien.

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