8 méthodes de fidélisation des jeux vidéo à utiliser dans la formation professionnelle

L’essor d’Internet et des plateformes digitales a favorisé le développement des jeux vidéos. En 2014, on comptait environ 1,78 milliard de joueurs de jeux vidéo dans le monde, soit environ 25% de la population mondiale. Les statistiques sont vertigineuses, et révèlent une réalité que de nombreuses entreprises envient : l’industrie du jeu vidéo a su conquérir (avec succès) son marché. À la source d’un tel succès, une utilisation fine de techniques neurologiques générant une sécrétion de dopamine, “l’enzyme du bonheur”, favorisant une fidélisation, voire une addiction plus ou moins forte.

Sans aller jusqu’à cet extrême, certains mécanismes issus des jeux vidéo peuvent être réutilisés dans d’autres industries. Dans leur livre “Total Engagement: How Games and Virtual Worlds Are Changing the Way People Work and Businesses Compete”, le professeur Byron Reeves de l’université de Stanford et le docteur J. Leighton Read analysent l’impact de l’utilisation dans le monde de l’entreprise d’avatars, d’environnements 3D et autres composantes des jeux vidéos sur la productivité des équipes et l’engagement des employés.

La formation en entreprise est particulièrement sensible à la gamification de ses contenus, utilisant des techniques de fidélisation efficaces héritées des jeux vidéos – pour le plus grand bonheur des apprenants.

 

1- Une pause détendante

Pour décompresser entre deux dossiers clients ou passer le temps dans une file d’attente ou dans le métro, le jeu est d’autant plus addictif s’il est praticable sur une courte période. À base de missions courtes à réaliser ou de niveaux à atteindre, il offre une expérience ludique qui permet de s’échapper du quotidien pendant quelques minutes.

Des applications telles que Duolingo l’ont bien compris. Avec 2 ou 3 leçons par jour pas plus, les joueurs-apprenants peuvent s’y plonger dès qu’ils ont un moment de libre. Et l’option application mobile offre alors encore plus de flexibilité aux utilisateurs : pas besoin de bloquer une plage horaire ou de prévoir un équipement particulier, le portable est toujours dans la poche.

 

2- Des niveaux et trophés

C’est une des clés de fidélisation des jeux vidéos : obtenir des récompenses et gravir des niveaux procure un sentiment de réussite et d’estime de soi. Dans le jeu vidéo, le joueur le plus assidu est également celui qui progresse le plus vite (ce qui n’est pas toujours le cas dans la vraie vie).

Dans les parcours de formation, le découpage des modules en niveaux à atteindre permet de maintenir la motivation des apprenants et d’encourager la pratique régulière.

 

3- Des récompenses aléatoires

L’obtention de points et le passage de niveaux ne suffisent pas à fidéliser les joueurs à eux seuls. Pour éviter la monotonie, la distribution de récompenses aléatoires favorise la sécrétion de dopamine, ayant un effet immédiat sur l’addiction au jeu en question. De plus, elle permet de désacraliser le classement pour ne garder que l’aspect fun de la compétition. Sans raison apparente ou logique sous-jacente, le joueur ne peut qu’espérer recevoir une récompense en retournant régulièrement sur le jeu.

 

4- Des feedbacks instantanés

Pour favoriser l’apprentissage, le jeu doit prévoir le partage immédiat de feedback (ou au moins le plus rapidement possible après l’action). Dans un jeu de combat, la réussite de celui-ci est immédiatement liée à la pertinence des armes utilisées et les techniques déployées pour vaincre l’adversaire. Le joueur peut ainsi vérifier en direct la validité de ses choix.

De même, dans une formation gamifiée, le feedback doit absolument être partagé immédiatement. Celui-ci doit clairement indiquer à quels aspects de l’action il est lié, mentionner les aspects positifs et proposer des moyens de s’améliorer.

 

5- Une réalité alternative (voire virtuelle)

Un des aspects que les joueurs apprécient particulièrement dans les jeux vidéos est la faculté de se projeter dans un environnement imaginaire ou virtuel. Les utilisateurs se sentent attirés par la possibilité de se mettre dans la peau d’un avatar, dans une réalité alternative leur permettant de s’échapper du quotidien le temps du jeu. Dans ce monde virtuel, le risque est nul, ce qui favorise une certaine confiance en soi et une plus grande implication des participants.

 

 

 

6- Un environnement changeant

Toujours pour éviter tout risque de monotonie, les concepteurs de jeux vidéos changent régulièrement l’environnement pour stimuler l’intérêt des joueurs. Nouveaux mondes, décorations saisonnières et autres bonus apportent un air changement qui renouvelle l’intérêt – sans rien modifier au jeu.

 

7- Un monde persistant

Le pire cauchemar pour les joueurs “accro” : perdre les points gagnés pendant leur absence. C’est l’effet “Tamagotchi” des jeux persistants, qui continue d’évoluer même lorsque le joueur n’est pas connecté. Le joueur a peur de laisser son avatar tout seul dans le jeu, et se sent donc forcé d’y retourner.

Reprenons l’exemple de Duolingo : les leçons acquises parfaitement ne le sont que temporairement. Avec le temps, l’utilisateur perd des points et doit y retourner pour les gagner de nouveau et garder un score optimal – lui permettant par la même occasion de revoir des connaissances qu’il a sans doute oublié.

 

8- Une communauté de joueurs en réseau

Une des grandes forces des jeux vidéos en réseau est la formation d’une communauté de joueurs qui peuvent s’affronter ou s’entraider. Dans le cadre d’une formation ludique, les joueurs-apprenants cherchent à gagner la tête du classement, ce qui les pousse à se dépasser. Il ne s’agit pas tant de favoriser la compétition, mais de créer une communauté d’apprenants qui peut ensuite échanger, collaborer et partager les compétences acquises au-delà de la formation.

 

Conclusion

L’utilisation de serious games et de mobile learning gamifié a complètement transformé la formation en entreprise. De leçon plus ou moins appréciée, elle devient un outil de développement ludique pour les apprenants. La gamification des parcours de formation permet de fournir un cadre laissant une large place à l’expérimentation, à la réflexion, à l’action et son évaluation. Le droit à l’erreur se révèle particulièrement bénéfique dans l’apprentissage des compétences et la rétention des savoirs. Plus fun et plus efficace, que demander de plus ?

 

Chargée de recrutement et communication chez SPARTED – Experte en innovation RH – Passionée d’animation japonaise et de musique



 

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